Symboles, rites et traditions olympiques

Introduction 

Les jeux olympiques représentent un événement sportif rassemblant des millions de personnes venant du monde entier, tous les quatre ans dans des pays différents à chaque fois. 

L’adjectif « Olympique » provient du latin « olympicus », lui-même issu du grec ancien « ὀλυμπικός ». Ce dernier est constitué de deux éléments : »Όλυμπος », appellation du mont Olympe, là où résidaient les dieux grecs les plus importants dans la mythologie et « -ικός », un suffixe adjectival grec signifiant « relatif à » ou « provenant de ». Mais surtout, ce mot fait référence à la ville grecque où ils prenaient place de ce temps, c’est-à-dire Olympie, une cité située à 269 km de la capitale, qui était en réalité un sanctuaire consacré aux divinités anciennes. 

Cet évènement, réunissant divers sports, existe depuis l’antiquité et ne cesse d’évoluer au fil des mœurs et innovations de ses contemporains. 

Un héritage de l’Antiquité

Les jeux olympiques, et tout ce qui les entoure, résultent majoritairement d’un héritage culturel antique. En effet, les Grecs ont laissé derrière eux un nombre important de symboles, de traditions et rites. Tout d’abord, les différents symboles – ce terme est défini comme un objet, une image, un signe ou un comportement manifestant, figurant ou évoquant une chose – antiques sont : la flamme et la couronne de laurier.

Les jeux olympiques reposent également sur des valeurs fondamentales. Ainsi la flamme, sûrement l’élément le plus emblématique des jeux olympiques, représente l’aspect sacré, puisqu’ils étaient dédiés à Zeus et autres dieux et déesses de l’Olympe. 

Ensuite, vient la couronne de laurier, remise au vainqueur des jeux antiques. Dans la mythologie grecque, la couronne de laurier est issue d’un mythe étiologique expliquant pourquoi ces arbres poussent. Il s’agit de celui d’Apollon et Daphné. L’on raconte qu’Apollon et Eros (l’équivalent grec de Cupidon) seraient entré en conflit, alors Eros pour se venger tira une flèche en or sur Apollon pour qu’il tombe éperdument amoureux de la nymphe Daphné, puis une en plomb sur Daphné afin qu’elle le haïsse en retour. Apollon, fou d’elle, se met à sa poursuite et elle s’enfuit à toutes jambes, tant elle est horrifiée, rien qu’à sa vue. Tellement elle était terrifiée et à bout de forces, supplia son père de lui venir  en aide pour lui échapper, c’est alors qu’elle se transforma en un arbre, un beau laurier. Pour montrer son amour, même après la transformation de celle qu’il aime, s’attribue le symbole du laurier et il en fera l’illustration de la victoire lors des Jeux.

Les différentes valeurs des jeux olympiques sont : l’amitié, le respect et l’excellence. Les Grecs ont toujours valorisé le sport, la santé et l’esprit de compétition. Ces éléments constituent partie intégrante de leur éducation. Le courage, la beauté et l’amour sont également au rendez-vous dans leur manière d’aborder le sport, c’est pour cela que les jeux olympiques étaient très importants pour les grec, non seulement pour partager leurs cultures au monde entier, mais aussi pour présenter une sorte de spectacle et d’ouverture d’esprit.

La modernisation des us et coutumes olympiques

Les siècles défilent et les jeux olympiques évoluent en suivant la modernisation, qui correspond à ce temps écoulé. De fait, La flamme olympique et le relais sont expressément liés en 1936 lors des jeux Olympiques de Berlin. Ils deviennent donc des éléments principaux des jeux. Dans l’antiquité, le feu qui est éclairé dans la vasque olympique, est considéré comme un élément divin pour les Grecs. Il était présent en permanence devant les principaux temples ainsi que dans le sanctuaire d’Olympie, où se jouaient les Jeux de l’Antiquité en la présence d’une flamme, qui brûlait sans relâche sur l’autel de la déesse Hestia (déesse du foyer). Les feux étaient également disposés sur les autels du dieu suprême grecque Zeus, ainsi que dans celui d’Héra, devant le temple dont la flamme Olympique est allumée aujourd’hui.

Lors des jeux olympiques de l’Antiquité, le feu sacré était allumé à partir des rayons du soleil et d’un skaphia (ancêtre du miroir parabolique utilisé aujourd’hui) afin de garantir la pureté. La transportation de la flamme d’Olympie s’effectuait par le relais afin qu’il atteigne sa destination finale qui est le stade Olympique situé dans la ville hôte des jeux. Le dernier relayeur qui porte la flamme olympique, fait le tour du stade avant d’illuminer la vasque olympique, qui restera allumée tout au long de la période des jeux. La flamme s’éteint lors de la cérémonie de clôture qui annonce la fin des épreuves.Les relayeurs qui portent la flamme sont considérés comme des messagers, qui proclamaient la trêve sacrée à l’époque. Ils invitent donc le monde à baisser les armes et à concourir aux épreuves des jeux olympiques.

Les innovations et le symbolisme sont très souvent importants dans les choix du dernier relayeur, qui porte la flamme et dont le nom sera gravé dans les mémoires. Le choix d’Olympie comme point de départ du relais, invoque le témoignage de la volonté et instaure un attachement entre les jeux de l’Antiquité et les jeux Modernes, qui devient symbolique en 1928.

Les lauriers olympiques créés par le CIO, réunissent l’esprit des jeux de l’Antiquité et la vision de Pierre de Coubertin, qui est le rénovateur des Jeux Olympiques. Elles sont décernées lors de la cérémonie d’ouverture à chaque édition des jeux de l’Olympiade et sont ainsi offertes aux personnalités de premier plan pour leurs exploits dans les domaines de l’éducation, de la culture, du développement et de la paix par le sport.

Le drapeau des jeux olympiques représente cinq anneaux qui sont entrelacés, de couleurs différente dans un fond blanc. Les cinq anneaux représentent les cinq principaux continent qui participent aux jeux : la couleur bleu qui représente l’Europe, le jaune l’Asie, le noir l’Afrique, le vert l’Australie et le rouge l’Amérique. Cependant, le blanc du fond est associée aux autres qui représente la chromatique de tous les pays.

Lors de la cérémonie d’ouverture des jeux olympiques, plusieurs étapes de la représentation sont effectuées afin de mieux accueillir les participants et les visiteurs. Le chef de l’État et le président du CIO font leur entrée pendant la cérémonie puis commencent l’interprétation de l’hymne national. Les athlètes qui représentent chacun leur pays, défilent, suivis par les lâchers de colombes rappelant la paix entre tous. Ensuite, il y a la discernation du laurier olympique, qui se fait lors de chaque nouvelle période des jeux. Le chef de l’État et le président des CIO présentent leur discours, avant d’annoncer officiellement les jeux. Le symbole des jeux, qui est le drapeau olympique, s’élève suivi d’une interprétation de l’hymne olympique.

L’hymne est le plus ancien symbole moderne. Il s’agit d’un chant (dont Spyros Samaras, un compositeur grec, est à l’origine). 

« Esprit antique et éternel, créateur auguste,
De la beauté, de la grandeur et de la vérité
Descends ici, parais, brille comme l’éclair,
Dans la gloire de la terre et de ton ciel.

Dans la course et la lutte et le poids
Des nobles jeux éclaire l’élan,
Prépare la couronne
Faite de la branche immortelle,
Et donne au corps la force
De l’acier et la dignité.

Les campagnes, les monts,
Les mers brillent autour de toi,
Comme un grand temple fait
De pourpre et de blancheur,
Et dans le temple ici accourent tous les peuples
Pour se prosterner devant toi,
Esprit antique et éternel »

Chaque pays hôte s’attribuent les symboles olympiques, sous forme de logos, les adapte, afin de les faire correspondre à leurs valeurs, y ajouter leurs touches et à différentes représentations (mascottes). Un des grands symboles des Jeux Olympiques est le salut,  mais en raison de sa grande similitude avec le salut fachiste, celui-ci n’est plus d’actualité. Ce geste est resté utilisé à deux reprises, par l’équipe de France, lors de la cérémonie d’ouverture d’hiver de 1948. Mais aussi par l’équipe japonaise, lors du défilé de Melbourne en 1956.

La  devise olympique  “Citius, Altius, Fortius” provenant du latin, qui signifie, en français, “plus vite, plus haut, plus fort”, a été créée en 1896 à Athènes.

Le principe de non-discrimination, permet de soutenir la paix et la communication entre les pays et athlètes. En effet, les participants sont tous indépendamment égalitaires, face à leur origine, leur sexe, leur statut social. Cela fait partie du serment de respect envers les autres. Cependant, d’autres serments sont prononcés : le respect de soi-même et de son corps, le respect des règles des jeux olympiques, qui est une habitude présente depuis l’Antiquité, et le respect de l’environnement. La Charte olympique organise ces rites et dicte les règles les concernant. La cérémonie d’ouverture permet au pays hôte des jeux de faire un spectacle grandiose et à l’image du pays représentant la plupart de sa culture et ses traditions.

La flamme olympique, présentée lors des cérémonies d’ouverture des jeux olympiques, est une représentation très forte du symbole de l’éternité, qui sera relayée à chaque nouvelle période des jeux. C’est une tradition qui demeure depuis 1936, où se déroulait le tout premier relai de la flamme olympique.

La langue française est omniprésente tout au long des jeux, aussi bien pour la cérémonie d’ouverture que pour celle de clôture

Le serment olympique est donné par un seul athlète, mais aussi par un officier et un entraîneur, pendant la cérémonie d’ouverture, où les athlètes sont placés au cœur du spectacle. C’est ainsi que Paris 2024 rompt avec un certain nombre de règles traditionnelles, par exemple en alignant les délégations lors de la cérémonie d’ouverture. Lors de toutes les cérémonies durant les jeux les athlètes participent à de nombreuses performances artistiques. 

Tout comme les jeux olympiques, Ludwig Guttman, un neurologue allemand décide de créer les premiers jeux paralympiques, en 1948, afin de rétablir ses patients atteints de paraplégique, qui faisaient partie des vétérans de la seconde guerre mondiale. Il constitue donc des épreuves sportives pendant la période des jeux olympiques de Londre. On considère que les 1er jeux paralympiques débutent en 1960 à Rome, appelés dans un premier temps “les neuvièmes jeux internationaux de stoke Mandeville”. Ils ont  débuté 6 jours après la clôture des jeux olympiques. Lors de ces premiers jeux, huit épreuves ont été organisé : le para-athlétisme, le basket en fauteuil roulant, la para-natation, le para tennis de table, le para-tir à l’arc, le billard, le dart chery et l’escrime en fauteuil roulante. Ces jeux ont tous été organisés pour les personnes en situation d’invalidité, qui peuvent seulement se déplacer en fauteuil roulant. Après plusieurs plaintes menées par les sportifs amputés, qui n’avaient aucune chance de participer auparavant, les athlètes parviennent à obtenir, en 1972, l’accès de pouvoir concourir aux épreuves dans chaque discipline, plus en autonomie dans son développement et d’offrir aux futur classifications d’handicap par sport une nouvelle voie. On constate que plus les années passent, plus le nombre d’épreuves augmente.

Suivant la même tradition que les Jeux olympiques, les jeux paralympiques possèdent un symbole unique, créé en 2003, par les allemands. Ce symbole représente trois “agitos” en latin, qui signifie “je bouge”, formant chacun une forme de croissant, s’encercle dans différentes couleurs : bleu , vert et rouge dans un fond blanc. Les organisations du levé du drapeau, lors de la cérémonie, s’effectuent comme pour les jeux olympiques (malgré la différence entre ces deux jeux, les rituels restent tout de même identiques). Avant de symboles qui restent définitive actuellement, trois modèles du symboles ont été utilisés : le premier symbole (1988-1994) représente cinq “tae geuks”, des figures représentées dans le drapeau de la Corée du Sud. Ces cinq “tae geuks” portaient les couleurs symboliques des cinq continents comme les anneaux olympiques. Il est modifié quelques années plus tard, le second symbole possède seulement trois “tae geuks” qui porte en lui les trois couleurs, qui sont désormais actuelles : le bleu, le rouge et le vert. Ce symbole, créé en 1994, restera jusqu’en 2004. Le troisième symbole, qui a duré entre 2004 et 2019, est le même symbole avec les trois “agitos”, de même couleur. Les différences remarquables, entre ces deux représentations, sont la clarté de la couleur ainsi que les formes, qui ont évolué.

Les premières femmes participent aux jeux olympiques en 1900, à Paris. Sur 997 athlètes, seuls 22 y concourent dans 5 différentes disciplines. Ces épreuves sont : le tennis, la voile,le croquet, l’équitation et le golf. En 2012, lors des jeux de Londre, les femmes sont introduites dans toutes les disciplines sportifs pour la première fois. Grâce à la charte des jeux olympiques, une nouvelle mise a jour a été effectué en 2007 pour donner leur accord sur la participation des femmes dans tous les sports. 

En 2000, les femmes participent à l’épreuve para-haltérophile, le para-judo ainsi que le judo.    

Conclusion

Pour conclure, les jeux olympiques sont l’occasion de célébrer les us de l’antiquité grecque, de célébrer le sport et par conséquent la santé, tout en rassemblant un nombre conséquent de personnes venues des quatre coins du monde. Ils servent de pont entre tradition et modernisation.

De nos jours, le commerce et la médiatisation impactent grandement ces concepts antiques. En effet, les symboles des jeux olympiques sont utilisés dans un système attractif et à but lucratif, ils doivent attirer l’oeil, faire référence à des évènements ou éléments connus de tous pour qu’une identification, un sentiment d’appartenance s’opère pour le pays hôte et un sentiment de curiosité pour les étrangers qui voudront y aller. Les couleurs, les formes, la disposition, la personnification, l’adaptation selon tous les âges (ex : peluches “Phryges” vendues pour les enfants)  toutes ces choses qui attirent et font tourner l’économie du pays. De plus, les sponsors étant devenus les partenaires officiels des jeux olympiques, portent auprès de leur logo le symbole de cet événement sportif afin de pouvoir montrer leur soutien. Ce qui est avantageux pour les grandes marques qui pourront utiliser l’image des athlètes, avec leur consentement et celui du CIO, pour pouvoir vendre leurs produits (publicité).

Les valeurs, quant à elles, sont désormais entravées. Effectivement, au cours des différentes éditions, les jeux ont parfois été victimes de corruption entre pays influents, par exemple, pour les jeux olympiques de Tokyo 2020, le vice président du comité d’organisation de la capitale nippone a versé deux millions d’euros, en 2013, pour que la candidature de son pays soit acceptée et élue. 

Mais ce n’est pas tout, cet évènement sportif est aussi la source de nombreuses tensions internationales telle que celle entre les États-Unis et la Chine, deux puissances mondiales de renom se battant sur le tableau des médailles, un enjeu décisif pour l’image de leur pays (incident et controverse des jeux olympiques de Pékin 2008). 

Enfin, la politique entache les valeurs par les boycotts organisés. Celui le plus mémorable est sans aucun doute celui de 1936 à Berlin qui était à ce moment-là gouverné par Adolf Hitler. L’antimétisme se fait ressentir dès lors que le boxeur de confession juive Erich Seelig est expulsé, défait de ses titres et prohibé de monter sur le ring. Le respect, valeur essentielle, est alors totalement bafouée pour la première fois depuis la création des jeux olympiques modernes.

Sources