Introduction. La compétition à laquelle les athlètes de haut niveau rêvent le plus de participer est celle des Jeux olympiques. Gagner une médaille aux jeux est synonyme d’accomplissement pour un athlète, c’est la concrétisation de toute une vie d’entrainement et de dur labeur. Remporter une médaille dans cette compétition fait entrer le nom de l’athlète dans l’histoire du sport. Les sportifs de haut niveau sont repérés très tôt dans leurs carrières et entraînés dans des organisations de perfectionnement et pour faire d’eux de futurs champions. Comment le processus de sélection des athlètes qui peuvent participer aux JO fonctionne-t-il ?
1) La sélection et la formation en elle même pour arriver jusqu’aux JO
a-L’aspect sportif de la sélection et l’excellence requise
Pour former l’excellence sportive, les athlètes sont accompagnés depuis leur plus jeune âge. Souvent spécialisés dans un sport, les jeunes athlètes suivent des cursus scolaires dans des écoles de sport étude (en France, les pôles espoirs et pôle France sont les plus reconnus). Ces jeunes sportifs sont formés et conditionnés pour leurs pratiques. A l’âge adulte, l’élite de ces athlètes est alors formée à l’INSEP (l’institut national du sport, de l’expertise et de la performance) afin d’être coaché par des spécialistes dans la discipline dans laquelle les athlètes excellent. Au vu des résultats que les athlètes ont en compétitions (nationales/internationales), ainsi que de leur place dans les classements nationaux et internationaux, les comités choisissent alors qui ils décident d’envoyer aux JO. Dans certains cas exceptionnels, lorsqu’il y a deux athlètes qui sont vraiment au même niveau, la fédération peut alors organiser une rencontre (un match) pour les départager. Le gagnant remporte alors son ticket pour participer aux JO.
C’est ce qui c’est passé dans le cas de l’équipe olympique japonaise de judo pour les JO de Tokyo 2020. Après s’être affrontés à maintes reprises en compétition nationale et internationale, Hifumi Abe et Joshiro Maruyama, deux athlètes de la catégorie des – 66 kg, avaient un nombre de victoires équivalent l’un contre l’autre. La fédération japonaise de judo a donc organisé un ultime combat pour les départager. A l’issue de de ce combat c’est Hifumi Abe qui s’est imposé et qui a représenté le Japon
b) Les conditions auxquelles les athlètes doivent se soumettre pour leur sélection
Afin de prétendre à une sélection olympique, l’athlète doit d’abord se soumettre à certaines règles : accepter la charte olympique, faire des examens médicaux pour s’assurer de l’aptitude physique, et suivre les règles de la Fédération Internationale (FI) qui régit son sport. Les FI élaborent des règles et organisent des épreuves de qualifications, tandis que le Comité National Olympique (CNO) du pays de l’athlète encadre et soutient l’athlète et a la responsabilité de l’inscrire aux Jeux.
De plus, les athlètes doivent passer de multiples tests antidopage. Il est nécessaire dans certains sports de faire des minimas (valeur minimale, la plus basse à réaliser) pour se qualifier aux jeux. Il y a aussi certaines compétitions qui ne servent qu’à essayer d’obtenir une qualification pour les JO. Le pays hôte qui accueille les JO a automatiquement au moins un athlète/une équipe qualifiée d’office pour concourir à la compétition dans chaque sport. Par exemple, l’équipe de handball française n’a pas à faire de compétition pour concourir aux JO 2024, elle est automatiquement qualifiée, car le pays hôte qui reçoit les JO est la France.
2) La préparation mentale et physique des athlètes
a-la préparation mentale
Pour réussir à gérer la pression due aux grosses compétitions, les athlètes sont accompagnés par des psychologues. Il est très dur pour un athlète olympique de se préparer psychologiquement à la compétition. Même en présence d’un accompagnement psychologique des athlètes, beaucoup d’entre eux connaissent des problèmes de santé mentale après avoir participé aux Jeux. C’est notamment le cas pour la gymnaste Simone Biles qui a eu d’importants problèmes psychologiques après les JO de Tokyo 2020. Elle a dut alors prendre du recul sur la situation et a arrêté la compétition pendant quelques années (2 ans). Elle a récemment fait son retour en compétition. Certains sportifs traversent donc ce que l’on pourrait qualifier de « période sombre » post-olympique. Par exemple, d’après le média The Conversation, le skieur olympique Nick Goepper a déclaré se sentir extrêmement déprimé et a même envisagé de se suicider après être rentré chez lui. Ce dernier avait pourtant remporté une médaille de bronze aux Jeux d’hiver de 2014. Selon une étude réalisée en 2021, environ 24 % des sportifs ayant participé aux Olympiades ont déclaré ressentir une détresse psychologique élevée ou très élevée après les Jeux.
Les raisons pour lesquelles un athlète peut connaître une telle période de détresse psychologique post-olympique sont nombreuses, tout comme les facteurs en cause. Les contre-performances peuvent être particulièrement difficiles à gérer. Ne pas atteindre une finale ou ne pas réaliser un record personnel sont autant de facteurs qui peuvent affecter le bien-être d’un athlète après les Jeux. Une bonne performance aux JO ne protège cependant pas des risques de dépression post-olympiques. En effet, la joie de la victoire qui s’atténue, la perte du statut de célébrité, la difficulté à se réadapter à la vie normale à la maison, moins de soutien social de la part des coéquipiers et les blessures sont aussi des facteurs remarquables de cette dépression.
b-la préparation physique (risques de blessures)
Quatre ans de préparation physique est une durée qui peut paraître impressionnante, la durée ne suffit pas à faire d’un athlète un champion olympique. Malgré les 25 à 30 heures hebdomadaires d’entraînement, les sportifs ne doivent pas se contenter d’un entraînement basé uniquement sur leur spécialité. Les athlètes pratiquent des exercices physiques de sorte à ne pas se blesser tout en maintenant leur forme : un champion de course à pied ne se cantonne pas à courir pour dépasser ses résultats. Au programme de sa préparation figurent des sports comme le crossfit et la musculation. Des exercices basés sur la souplesse figurent dans leurs programmes.Les sportifs doivent subir un programme nutritionnel sain. Les aliments de bonne qualité ainsi que la variété priment. Protéines, nombreux fruits et légumes ainsi que des céréales s’ajoutent ainsi à leurs menus. En effet, les sportifs ne doivent souffrir d’aucune carence quand on vise le podium. L’hydratation joue un rôle très important pour ne pas perdre en performance. De plus, bien boire permet de limiter le risque de blessures comme des tendinites ou des crampes.
3)L’accompagnement des athlètes jusqu’aux JO
a-Les structures qui accueilleront les athlètes à Paris 2024
Quelques mois avant les Jeux, beaucoup d’établissements et d’infrastructures sont bâties par le pays hôte de la compétition pour permettre le bon déroulement des Jeux Olympiques Le village olympique est un complexe résidentiel temporaire qui offre un hébergement, des services de restauration, des espaces de divertissement et de loisirs pour les athlètes et leurs accompagnateurs. Les installations sportives comprennent les stades, les gymnases, les piscines et autres équipements nécessaires pour les différentes disciplines olympiques. Par exemple, pour les JO de Paris 2024, les trois chantiers les plus importants de ces JO sont ceux du village olympique, du Centre aquatique, et enfin de l’Arena Porte de la Chapelle. D’après le journal Les Échos, des aménagements aux prix mirobolants : de 138 millions d’euros pour l’Arena à 1,5 milliard d’euros pour le village des athlètes, d’après les estimations.
b-Le staff qui accompagne les athlètes
De nombreuses personnes aident les athlètes dans leur préparation. Teddy Riner est l’un des premiers athlètes à avoir démocratisé le fait qu’il faut avoir un spécialiste qui accompagne l’athlète dans chaque domaine. Avant c’était le coach qui avait toutes les casquettes. Il était à la fois l’entraîneur, le psychologue, le préparateur physique… A présent les sportifs de haut niveau sont accompagnés de toute une équipe. Dans cette équipe chaque personne à un poste bien précis pour permettre à l’athlète de progresser et en bonne forme physique et mentale.
c-Quelles tâches réalisent le staff des athlètes et quels experts sont suscités pour leur offrir les meilleures conditions d’entraînement et de compétition:
- -Le préparateur physique est celui qui s’occupe d’encadrer les séances de musculation de l’athlète, de cardio, de crossfit. En résumé, il est donc la personne qui veille à maintenir l’athlète en forme sur la plan physique.
- -L’équipe qui encadre veille à ce que les athlètes aient accès à des installations d’entraînement de qualité pour se préparer avant les compétitions.
- -Des équipes médicales sont disponibles pour fournir des soins médicaux, des traitements urgents et des conseils en matière de santé aux athlètes si nécessaire.
- -Des services de physiothérapie sont proposés pour aider les athlètes à récupérer plus rapidement des blessures et à optimiser leur performance.
- -Des nutritionnistes travaillent avec les athlètes pour concevoir des programmes alimentaires adaptés à leurs besoins spécifiques, les aidant ainsi à maintenir une nutrition adaptée pour la performance.
- -Des interprètes et des traducteurs sont disponibles pour aider les athlètes à communiquer avec les organisateurs, les médias et d’autres participants, permettant ainsi une meilleure expérience pendant les Jeux .
- -Le personnel s’occupe de gérer la coordination des déplacements des athlètes, mais aussi des entraîneurs et des membres de l’équipe, ils s’occupent aussi de la gestion des hébergements, des transports et des équipements.
Ceux-ci veillent à ce que les athlètes respectent les règles et les protocoles des Jeux olympiques, ce qui comprends les règles antidopage, les règles de compétition et les protocoles de sécurité. Ils permettent aussi un soutien d’un point de vue émotionnel et psychologique aux athlètes pour les aider à gérer la pression de la compétition et à rester concentrés sur leurs objectifs.
Conclusion:
Les sportifs qui vont aux JO sont donc le plus souvent conditionnés dès l’enfance ou l’adolescence, pour performer dans le but de ramener un maximum de médailles. Ils sont entourés de tout un staff qui est composé des professionnels les plus aguerris dans leurs domaines respectifs (santé, sport…). Pour pouvoir espérer participer aux JO, l’athlète doit faire partie de l’élite de sa discipline. Il doit aussi se soumettre aux règles inscrites dans la charte olympiques. Pour avoir une chance de décrocher une médaille aux jeux, la préparation physique et mentale de l’athlète doit être optimisée au maximum pour que le jour J, il se sente bien dans sa peau et qu’il puisse commencer la compétition confiant. En France, les athlètes commencent enfin à recevoir peu à peu un accompagnement de qualité. Néanmoins, beaucoup de sportifs ne sont pas encore reconnus à leur juste valeur et les moyens mis en place par l’État ne sont pas encore suffisants. Beaucoup d’athlètes ont du mal à finir leur fin de mois et certains en sont réduits à organiser des cagnottes pour pouvoir financer leurs frais d’entraînements pour préparer les JO (kiné, déplacement, stages…). On peut alors se demander si les 80 médailles que vise le gouvernement français pour notre pays aux jeux de Paris 2024 sont vraiment atteignables. Pour atteindre cet objectif, peut- être que davantage de moyens auraient dû être mis en place plus tôt. En effet, comme le disent de nombreux sportifs de hauts niveau français, aujourd’hui lorsque que l’on compare la France à d’autres pays, elle n’est pour le moment pas une nation du sport.
Sources :